Après les omnivores, voici les locavores. Ce nouveau groupe d’idéalistes rassemble des consommateurs autour de l’idée simple qui est de se nourrir localement de manière exclusive.

Les locavores, ce sont donc ces personnes qui respectent une discipline alimentaire à la fois nouvelle et complexe: s'alimenter de produits dont l'origine géographique est située à moins de 160 km de leur assiette....

Il est vrai que la hausse du prix des denrées alimentaires, la fluctuation des cours du brut, l’envie de polluer moins et de préserver l’environnement jouent en faveur du manger local!

Finies les tomates toute l’année, le coup de fourchette s'adapte désormais aux 4 saisons! d'ailleurs certains pratiquent la cueillette sur les lieux de production.

Cette communauté est née en 2006, à San Francisco. Aujourd’hui, la branche new-yorkaise compte environ 500 membres actifs.

Une fois par semaine, un agriculteur de la région de New York vient livrer des fruits et des légumes frais au jardin de la communauté locavore de Brooklyn.

De plus, toujours aux Etats-Unis, pays d'origine de la junkfood, quelques restaurants branchés de la 5e avenue sont déjà à la page en proposant des menus "100 miles".

Le restaurant du siège de Google a été baptisé "café 150" car tout ce qui est servi est produit dans un rayon de moins de 150 miles.

Au Royaume-Uni, il y a plus de 550 fermes qui génèrent un chiffre d’affaires annuel de $ 276 millions. En Australie, le nombre de fermes locales est passé de 30 en 2002 à 80 en 2006.

Plus besoin de manger des produits qui viennent du bout du monde, le secret est de préférer les produits de saison et de ne pas succomber à la tentation des fraises d’Espagne et autres végétaux "long courrier" ou serres surchauffées.

Les débats se succèdent sur le sujet et la presse s’en est d'ailleurs emparé. Le terme de "locavore" a même fait son entrée dans la version 2008 du New Oxford American Dictionary.

Il est vrai que consommer localement permet de limiter significativement son impact environnemental. Produire localement les fruits et légumes en respectant si possible les principes de l'agriculture biologique, nécessite nettement moins d'énergie.

En France, ce sont les Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne, dites AMAP, qui relient une ferme à un groupe de consommateurs soucieux d’agir autrement.

La vente des produits s'effectue directement du producteur au consommateur, souvent en souscription, permettant ainsi d'assurer la pérennité de l’exploitation. Il arrive même que l’agriculteur et les consommateurs se concertent pour sélectionner les espèces à planter!

"En France, on n'a pas le même rapport aux distances, aux transports, et, globalement, on mange mieux. La notion de terroir est encore très présente. On a des labels, des garanties d'origine, la traçabilité des aliments est meilleure" a déclaré Alexis Botaya, ingénieur agronome et président du mouvement Vraiment durable.

Quelques règles sont à respecter par les locavores

Pour le consommateur :

l’engagement financier à travers l’achat à l’avance d’une partie de la récolte ;
l’engagement économique et moral à travers la solidarité avec l’agriculteur dans les aléas de la production ;
l’engagement associatif (gestion des souscriptions, organisation des distributions de paniers, communication, animation...).

Pour le producteur :

l’engagement technique et économique de fournir des produits de bonne qualité (nutritionnelle, organoleptique, environnementale et sociale)
l’engagement associatif (rôle pédagogique, animation, information…) ;
l’engagement d’assurer une transparence sur la vie de leur exploitation (situation économique, origine des produits fournis, méthodes de production utilisées).

Le soutien à l’économie locale est avérée et la totalité de la production est valorisée. La souscription permet d'assurer le salaire de l’agriculteur et d'établir des liens entre différentes couches de population.

C’est le commerce équitable à l’échelle locale qui définit un juste prix concerté entre les producteurs et les consommateurs et en toute transparence.

Toutefois, "le problème du locavore, c'est qu'il disparaît en hiver, remarque ainsi Cédric Beaurain, président du Syndicat des producteurs en direct d'Ile-de-France. "Dès qu'il n'y a plus de tomates, on perd 30 à 50% de la clientèle. Les choux et les blettes ont encore peu d'amateurs. Les gens veulent manger sain, frais, mais sans effort."

De plus, au lieu de boycotter bananes, chocolats et café, achetons-les "équitables" et bio, si possible ! Après tout, ne vaut-il pas mieux des produits bio d’un peu plus loin que des aliments bourrés de pesticides?

Cet article vient de là http://www.encyclo-ecolo.com/Locavores